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Le « djihadisme » est une idéologie extrémiste qui prétend imposer une vision radicale et dévoyée de l’islam – fondée sur le retour de ce qu’il qualifie de « vrai islam » – par la terreur et le combat armé.

Les djihadistes justifient le recours à la violence contre tous ceux qui n’adhèrent pas à leur idéologie, qu’ils soient musulmans ou non-musulmans.

Origines et développement de la mouvance djihadiste

L’émergence de la mouvance djihadiste trouve son origine dans l’invasion soviétique de l’Afghanistan et le conflit qui s’ensuit, à partir de 1979. Des combattants afghans, les moudjahidines, mènent le combat contre l’URSS au nom du djihad et de la défense de l’islam. L’Afghanistan attire alors plusieurs dizaines de milliers de combattants étrangers issus de l’ensemble du monde musulman, en particulier des pays arabes, qui répondent à l’appel au djihad lancé par certaines personnalités religieuses. Parmi eux se trouvent deux figures clés de la mouvance djihadiste naissante : le Palestinien Abdallah Azzam, considéré comme le premier théoricien du « djihad global », et le Saoudien Oussama Ben Laden, futur fondateur d’al qaïda.

A la fin de la guerre, en 1989, les combattants étrangers cherchent à rentrer dans leurs pays d’origine ou à rejoindre d’autres théâtres afin de propager leur idéologie. Ces « vétérans afghans » vont jouer un rôle majeur dans la création et le développement de groupuscules djihadistes à travers le monde, en particulier dans les pays arabes et en Asie, mais aussi en Europe.

Au cours des années 1990,  le conflit en Bosnie (1992-1995) et la « décennie noire » en Algérie (1991-2002) contribuent à l’internationalisation de la mouvance djihadiste et à son développement sur le territoire européen :

  • Plusieurs milliers de combattants étrangers, dont de nombreux européens, partent combattre dans les Balkans dès 1992. À leur retour, certains forment des cellules djihadistes en Europe.
  • Le conflit algérien est à l’origine de la première grande vague d’attentats djihadistes en France et en Europe. Le groupe islamique armé (GIA) revendique notamment l’attentat du 25 juillet 1995 contre la station de RER Saint-Michel Notre-Dame, à Paris, qui a coûté la vie à huit personnes et fait 117 blessés. 

La fin des années 1990 et le début des années 2000 sont marqués par la montée en puissance d’Al Qaïda, qui culmine dans les attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center et le Pentagone. La menace djihadiste se globalise. Al qaïda parvient à frapper l’Europe (attentats de Madrid en mars 2004 et de Londres en  juillet 2005). Dans le reste du monde, de nombreux groupes djihadistes, plus ou moins liés à al qaïda, se développent et multiplient les attentats terroristes, en particulier en Asie et dans le monde arabe. Dans les années 2010, la menace djihadiste ne faiblit pas et s’étend notamment à l’Afrique.

La mouvance djihadiste aujourd’hui

L’émergence de daech en Syrie et en Irak à partir de 2006, marquée par la proclamation du « Califat » en juin 2014, constitue un bouleversement majeur pour la scène djihadiste internationale. Le leadership d’al qaïda est remis en cause.

Sur le plan idéologique, la spécificité de daech réside dans son projet étatique de fondation d’un califat islamique, fondé sur la maîtrise de territoires en Syrie et en Irak. Ce projet est en rupture avec la doctrine d’al qaïda qui prône un djihad déterritorialisé, centré sur la lutte contre l’ennemi lointain.

Impressionnés par les succès initiaux de daech en Syrie et en Irak, plusieurs dizaines de groupes djihadistes font allégeance à l’organisation d’Abou Bakr al-Baghdadi. Ils en reprennent le discours, les symboles et les méthodes. Ces ralliements s’inscrivent avant tout dans une logique opportuniste visant à tirer profit de la « marque » daech. Ils pourraient être remis en cause à l’avenir, d’autant que le recul de daech en Syrie et en Irak marque l’échec de son projet territorial.

Pour sa part, daech a annoncé la création de plusieurs « wilaya » (provinces), censées symboliser l’expansion du prétendu Califat : en Afghanistan, en Libye, au Yémen, en Afrique de l’Ouest, dans le Caucase... Ces groupes ne représentent pas tous le même niveau de menace.

L’émergence de daech s’est aussi traduite par une transformation et une intensification de la menace :

  • des milliers de combattants terroristes étrangers issus d’une centaine de pays ont rejoint les rangs de l’organisation en Syrie et en Irak. Leur retour potentiel constitue un danger majeur ;
  • des attentats de grande ampleur ont été directement planifiés par daech depuis la zone syro-irakienne (attentats de Paris et Saint-Denis du 13 novembre 2015, attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles) ;
  • Daech incite à la haine à travers sa propagande sur internet et sur les réseaux sociaux, favorisant le passage à l’acte d’individus radicalisés.

Au final, on assiste à une polarisation de la mouvance djihadiste autour de daech et d’al qaïda. La concurrence que se livrent les deux organisations d’une part, et les groupes qui s’en réclament d’autre part, alimente une surenchère dans la terreur et dans la violence. Les régions les plus touchées sont le monde arabe, l’Afrique et l’Asie. Toutefois, l’Europe n’est pas à l’abri. Un effort durable est plus que jamais nécessaire pour faire refluer la menace. 

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