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Daech dispose d’un système de financement organisé qui lui permet d’assurer son autonomie sur le plan financier.

Néanmoins, l’organisation est confrontée à une baisse significative de ses ressources financières qui résulte notamment de l’action de la Coalition internationale contre daech et des dispositifs de lutte contre le financement du terrorisme mis en place par la France et ses partenaires européens et internationaux (gels des avoirs, embargos).

Les ressources de daech ne sont pas connues avec précision. En 2016, ses ressources étaient estimées à 950 millions de dollars (contre environ 2 milliards de dollars en 2014 et 2015).

Les difficultés économiques actuellement rencontrées par daech contribuent à l’affaiblissement général de l’organisation, qui est contrainte de diminuer fortement les salaires versés à ses combattants et de durcir sa politique d’extorsion à l’encontre de la population civile.

Les sources de financement de Daech

Les principales sources de revenus de daech sont :

  • Le trafic de ressources énergétiques et minières (contrôle de puits de pétrole et de gisements de gaz et de minerais).
  • Les revenus tirés de l’agriculture (exploitation des terres agricoles, perception de taxes sur la production agricole).
  • L’extorsion des populations et la taxation des activités économiques (droits de douanes, taxes sur l’agriculture, redevances sur l’eau et l’électricité).
  • Le pillage des réserves financières des administrations et des banques situées sur les territoires dont Daech s’est emparé.
  • Le trafic de biens culturels.
  • Les enlèvements pour rançons et le trafic d’êtres humains.
  • A la marge, les dons effectués par des donateurs étrangers.

Depuis 2015, Daech connaît une baisse significative de ses ressources qui résulte de plusieurs facteurs :

  • le recul territorial de daech, qui s’est traduit par une  baisse de ses « recettes fiscales ».
  • l’action décisive de la Coalition contre daech, à travers la campagne de bombardement lancée en octobre 2015 qui cible de manière systématique les infrastructures pétrolières et les camions citernes utilisés par Daech.
  • les dispositifs de lutte contre le financement du terrorisme mis en place par la communauté internationale (gels des avoirs, embargos) et l’action résolue des Etats de la région pour renforcer le contrôle aux frontières et la surveillance des flux de capitaux (bureaux de change en Irak). 

La lutte contre le financement de Daech au niveau international

La communauté internationale dans son ensemble s’est mobilisée pour renforcer les dispositifs de lutte contre le financement de daech.

Au plan international, la France s’est fortement mobilisée contre le trafic illicite de biens culturels. Avec les Emirats Arabes Unis, elle a été à l’origine de l’organisation de la Conférence internationale sur la protection du patrimoine en péril à Abou Dhabi les 2 et 3 décembre 2016. Cette conférence a permis de mettre en place de nouveaux outils pour protéger le patrimoine menacé par le terrorisme ou les conflits armés avec notamment la création d’un Fonds international pour les biens culturels en danger, soutenu par la France à hauteur de 30 million d’euros.

D’autres enceintes dont les Nations Unies, la Commission européenne, le GAFI, et le G7 ont également adopté des règles et des plans d’action communs pour combattre le financement du terrorisme.

Les mesures adoptées au niveau national

En France, la loi du 3 juin 2016 renforçant la lutte contre le crime organisé, le terrorisme et leur financement, et améliorant l’efficacité et les garanties de la procédure pénale permet de renforcer la traçabilité des opérations financières et crée une nouvelle infraction de trafic de biens culturels.

Un dispositif national de gel des avoirs terroristes est utilisé à l’encontre d’un certain nombre de combattants djihadistes français.

Un plan d’action national contre le financement du terrorisme a été présenté par le ministre des finances et des comptes publics en mars 2015.

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