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Créés en 2016, les centres de prévention, d’insertion et de citoyenneté (CPIC) accueillent des femmes et des hommes âgés de 18 à 30 ans, radicalisés ou en voie de radicalisation, dont les parcours présentent des similitudes.

Présentation des centres de prévention, d’insertion et de citoyenneté (CPIC)
Les centres fonctionnent avec un régime d’internat et peuvent recevoir jusqu’à 30 résidents. Le cadre de vie est structuré autour d’un règlement propre à chaque centre, qui détermine les règles de vie commune, les droits et les obligations de chacun. Les bénéficiaires sont accueillis pour une durée de 10 mois maximum. Les dispositions applicables aux centres relèvent du code de l’action sociale et des familles. Le pilotage de ces centres expérimentaux est assuré par le groupement d’intérêt public « Réinsertion et citoyenneté », créé le 20 janvier 2016.

Objectifs des centres

Chaque centre assure une prise en charge collective et un accompagnement personnalisé pour favoriser l’aboutissement d’un projet personnel de réinsertion. Un bilan personnel est effectué à l’arrivée de la personne dans le centre : analyse de son parcours, évaluation de ses difficultés et définition de ses objectifs. Les freins et les leviers d’action sont également étudiés.

L’approche retenue est d’aider le résident à résoudre les difficultés recensées, qu’elles soient médicales, familiales, éducatives, sociales ou professionnelles. Au-delà de cet accompagnement, les centres ont vocation à assurer :

  • un travail de distanciation avec l’engagement radical ;
  • la promotion des valeurs de citoyenneté, de respect d’autrui, de la règle de droit et des valeurs de la République et de la démocratie ;
  • la réinsertion sociale et professionnelle des bénéficiaires.

Qui sont les bénéficiaires ?

Dans tous les centres, l’offre s’adresse à de jeunes majeurs, garçons ou filles, âgés de 18 à 30 ans. L’affectation s’opère selon des critères et des modalités spécifiques à chaque centre. Sont ainsi regroupés, en lien avec les autorités compétentes, des publics homogènes au regard de leur parcours ou de leur implication dans le processus de radicalisation.

La prise en charge

Le cadre de vie est structuré grâce à l’organisation de nombreuses activités et l’acquisition de compétences. Il permet de fournir des repères de vie par une participation aux activités collectives, le respect de règles communes et un dialogue soutenu avec l’encadrement. Une tenue uniforme est de rigueur dans l’enceinte de l’établissement.

Tous les centres placent la citoyenneté au cœur de leur action. Ils garantissent le respect de la liberté de conscience et du principe de laïcité.

Engagements et droits du bénéficiaire

Le respect du règlement déterminant les règles de vie commune s’impose à tous. La personne accueillie s’engage également, par la signature d’un contrat, à suivre un programme personnalisé d’actions. Ce contrat est conclu après bilan dès l’arrivée dans le centre et évalué en permanence par l’équipe pluridisciplinaire d’encadrement.

Le centre est un établissement non privatif de libertés. Le règlement du centre détermine les droits et obligations de chacun. Il garantit le respect et l’exercice des droits et libertés individuels en tenant compte de contraintes liées à la sécurité et au bon fonctionnement de l’établissement. Les prescriptions personnelles, éventuellement formulées par l’autorité judiciaire, s’imposent au bénéficiaire : limitation des autorisations de sortie ou des contacts avec l’extérieur, par exemple.

L’accompagnement des bénéficiaires

Un éducateur « référent » — le référent de parcours citoyen — assure l’accompagnement individuel du bénéficiaire pendant toute la durée de prise en charge dans le centre.

Les liens familiaux sont maintenus et l’encadrement assure également un contact avec la famille et les proches.

Après une phase d’adaptation et d’apprentissage, les compétences acquises doivent permettre au bénéficiaire d’entreprendre des actions facilitant une ouverture progressive sur l’extérieur. Des stages de formation ou des actions citoyennes doivent faciliter cette démarche.

La sortie est préparée avec l’entourage (famille, proches, etc.) et les personnes qualifiées qui ont vocation à assurer le suivi ultérieur. Un référent appartenant au centre réalise le suivi « post sortie » (tutorat additionnel). Il est alors en lien régulier avec le nouvel interlocuteur qui effectue le suivi en dehors du centre de l’ancien bénéficiaire du programme « Réinsertion et citoyenneté ».

Les relations avec le personnel encadrant

L’équipe pluridisciplinaire d’encadrement, formée et motivée pour cette mission de prise en charge, facilite le déroulement du séjour et s’implique pour assurer la réussite du projet éducatif et professionnel de chaque bénéficiaire. Elle est garante du respect des droits et obligations des personnes accueillies.

Les résultats attendus

Novateur avec le regroupement de personnes radicalisées ou en voie de radicalisation, le programme est expérimental : l’objectif est de permettre la réinsertion citoyenne des bénéficiaires et d’éviter un cheminement vers l’extrémisme violent. Ce programme donnera lieu à une évaluation pour mesurer les avancées obtenues et les difficultés rencontrées.

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