Recherche

Les parcours de radicalisation ne suivent pas un chemin clairement balisé. 

Les parcours de radicalisation ne suivent pas un chemin clairement balisé. Certains mécanismes identifiés permettent de mieux comprendre le processus mis en marche. 

Des mécanismes complexes qui s’entremêlent

Les profils et motivations des individus radicalisés varient. Toutefois, trois éléments entrent systématiquement et simultanément en jeu dans chaque parcours : les aspects idéologiques, les émotions et le système de valeurs. Ces différents facteurs entrent en résonance sans qu’il y ait un enchaînement d’étapes déterminé et inéluctable. À chaque moment, des doutes peuvent amener les personnes à prendre leurs distances. À cet égard, il convient de noter que le nombre de personnes présentant des troubles psychiatriques avérés parmi les individus radicalisés est faible. 

Les premiers pas dans le processus

 

 

Les premiers pas dans le processus de radicalisation sont généralement la conséquence de deux choses : une rencontre avec une personne liée à la mouvance djihadiste d’une part, une « disponibilité » au discours radical d’autre part. La rencontre se fait dans un lieu de socialisation. Celui-ci peut être physique (club de sport, association, lieu de prière, prison, etc.) ou virtuel (réseaux sociaux, plateforme vidéo sur internet, etc.). Le processus de radicalisation s’enclenche ensuite – ou non – en fonction de l’état personnel de l’individu. La vulnérabilité au discours peut varier selon certains critères objectifs : l’âge, l’insertion sociale, le manque de repères culturels, certains traumatismes liés à l’histoire personnelle (violences, deuil, etc.). D’autres critères, plus subjectifs et variables, peuvent également entrer en jeu : en donnant un sens à l’existence, l’idéologie djihadiste peut séduire des personnes éprouvant un malaise identitaire. 

 

Le passage à l’engagement pour la cause

L’engagement pour la cause djihadiste est progressif et engage plusieurs mécanismes. Il commence lorsque la personne s’enferme dans un raisonnement qui n’accepte que les informations allant dans son sens. Les recruteurs jouent ici un rôle décisif car ce sont eux qui transmettent la doctrine et créent l’isolement intellectuel.

L’effet de groupe, qu’il soit physique ou virtuel, joue également un rôle clé. Il filtre les informations et répète les mêmes arguments sans jamais rencontrer d’objection. Il permet de se conforter dans ses convictions et pousse au durcissement des positions.

Le contenu idéologique participe enfin de la radicalisation. L’idéologie djihadiste conduit par exemple à la rupture avec les autres : refus de partager les repas avec les croyants d’autres religions, de mélanger les ustensiles de cuisine, de la mixité, etc. Elle propose une vision du monde basée sur des oppositions simplistes : bien/mal, pur/impur, eux/nous. Dans ce cadre, la propagande conspirationniste et complotiste diffusée sur internet participe largement à l’élaboration du discours djihadiste. 

Les mécanismes émotionnels et aspirations qui poussent à la violence

L’adhésion à une idéologie extrême ne conduit pas forcément à la violence. Cette dernière, lorsqu’elle survient, est généralement le fruit de mécanismes émotionnels, voire de motivations triviales : désirs matériels, déceptions, besoin de reconnaissance ou d’aventure. Parmi ces mécanismes, les experts notent le sentiment de révélation (born again). L’individu a l’impression de vivre pleinement les croyances décrites par le groupe et se sent renaître. Le phénomène de love bombing est également évoqué pour décrire un très fort sentiment d’appartenance au groupe, né de l’accueil chaleureux reçu par les nouveaux membres de la communauté. Enfin, d’autres aspirations peuvent favoriser le passage à l’action violente : frustration, humiliation, désir de vengeance. Le sentiment de mécontentement ou d’injustice prédispose à la révolte. L’individu pense que sa cause est juste et accepte de s’engager. L’adhésion à la cause devient inconditionnelle.  

En cas de doute ou de questionnement sur une potentielle radicalisation, n’hésitez pas à appeler le 0 800 005 696 (Numéro Vert, service et appel gratuits). 
Partager l'article

à lire aussi