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Les radicalisés identitaires constituent l’essentiel des personnes radicalisées. Blessés ou fragilisés dans leur identité, ils aspirent à la vengeance et peuvent être tentés par un passage à l’action violente. 

Au départ, une fragilité identitaire

S’il n’existe pas de profil type des personnes radicalisées, les radicalisés identitaires partagent en revanche tous une chose : le sentiment d’une blessure ou d’une vulnérabilité. Échecs ou injustices, ces blessures peuvent être réelles ou imaginées, mais c’est sur leur base que le processus de radicalisation va s’enclencher. 

La naissance du sentiment de préjudice

La vulnérabilité de départ peut amener certaines personnes à penser qu’elles subissent ces blessures ou ces échecs en raison d’un préjugé contre elles : elles se pensent attaquées personnellement et se perçoivent comme des victimes. Elles ressentent une grande humiliation, l’impression d’être peu de chose et vont tenter d’effacer cette humiliation. De la blessure, elles passent au ressentiment. 

Une position de vindicte

La plupart chercheront alors à dépasser ce ressentiment en adoptant une position de vindicte : soit en prenant leur revanche de façon positive (s’en sortir par le haut, s’affirmer), soit en s’enfonçant dans un ressentiment vindicatif qui va presque toujours s’appuyer sur une idéalisation grandiose de soi et valoriser la figure du vengeur. 

Le passage à la violence

Bien sûr, le ressentiment ne mène pas toujours à la violence, mais dans le cas des radicalisés, il conduit à devenir un « vengeur de Dieu », un vengeur pour Dieu. Un individu radicalisé cherche à venger un islam qu’il vit comme faible et blessé. Pour cela, il poursuit un objectif à la fois de pureté religieuse et de militantisme grandiose. Il peut alors être tenté de participer à l’action violente et terroriste. 

Des discours qui nourrissent les rancœurs

Au cours de ce processus, certaines idéologies vont jouer un rôle majeur. Elles peuvent être portées par des discours de différentes sortes : communautaire, identitaire, victimaire, complotiste ou antisémite. Selon leur nature, ces discours remettent en cause l’histoire ou les institutions. Ils stigmatisent un groupe de personnes et le rendent bourreau de tous les autres. Ils contribuent surtout à créer des blessures de toutes pièces ou à transformer les blessures réelles en sentiment de préjudice et participent en ce sens à la radicalisation de certains individus. 

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