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La politique de prévention de la radicalisation comporte plusieurs typologies d’actions devant être construites au profit des personnes signalées comme radicalisées.

La politique de prévention de la radicalisation comporte plusieurs typologies d’actions devant être construites au profit des personnes signalées comme radicalisées, le plus souvent jeunes, dès lors que les agissements de ces personnes ne justifient pas le recours à des procédures de nature judiciaire.

Les actions à mettre en œuvre

La réponse proposée doit permettre d’élaborer un parcours individualisé dont le suivi est assuré par un professionnel, appelé référent de parcours. Ce dernier peut être un psychologue ou un travailleur social (professionnel de la protection de l’enfance, éducateur de la prévention spécialisée, etc.). Il est chargé d’accompagner la personne signalée dans les différentes phases du dispositif et de mobiliser son adhésion aux actions mises en œuvre.

Schématiquement, l’action de prise en charge est conçue autour de deux phases :

Une phase de déconstruction 

Cette phase doit s’accompagner d’une prise en charge psychologique, voire psychiatrique. Elle doit permettre d’identifier les facteurs personnels qui ont conduit à la radicalisation et mobiliser les professionnels intervenant dans le domaine de la santé mentale et de la prise en charge psychologique. 

Une phase de reconstruction 

En matière d’accompagnement éducatif, social et professionnel, en fonction de la personnalité du jeune, les actions à développer doivent permettre la mise en place d’un parcours individualisé d’insertion, afin d’éviter le risque d’un nouveau repli. Elles peuvent consister par exemple en :

  • l’implication dans un chantier humanitaire qui permet de véhiculer des valeurs de solidarité, de partage et de découverte ;
  • construire un projet d’insertion ;
  • des actions visant à développer l’esprit critique dans l’usage d’internet ;
  • voire des actions à forte valeur pédagogique et encadrées qui permettent l’éloignement du jeune du milieu influent : des chantiers éducatifs, réalisés par des jeunes encadrés par des éducateurs ; des séjours de rupture, confiés par exemple à des associations de prévention spécialisée. 

 

Les acteurs chargés de la mise en œuvre

Mise en œuvre nationale

Depuis le mois de mai 2015, une équipe mobile d’intervention a été mise en place dans le cadre d’un marché public, expérience qui est renouvelée à compter de septembre 2016 sur un périmètre interrégional (circulaires du 20 mai 2015 et du 24 août 2016).

Désormais implantées dans trois interrégions couvrant l’ensemble du territoire national, y compris l’outre-mer, ces équipes pluridisciplinaires ont pour mission d’appuyer les préfectures dans la prise en charge des jeunes signalées comme radicalisées et leurs familles, notamment sur les territoires démunis de ressources suffisantes.

Elles doivent également assurer un relais avec les cellules de suivi préfectorales pour la prise en charge préventive et contribuer à former les acteurs locaux, lesquels doivent prendre le relai des mesures.

Mise en œuvre locale 
  • Dans le domaine de la prise en charge psychologique :

1 - plusieurs réseaux professionnels sont aujourd’hui mobilisés (associations, réseaux spécialisés dans la prise en charge des adolescents et jeunes majeurs, etc.) ;                                                      

2 - des partenariats sont établis avec des établissements de santé (centres spécialisés ou hôpitaux psychiatriques) ou des structures psychothérapeutiques spécialisées.

  • Dans le domaine de la prise en charge éducative ou sociale :

1 - les services et établissements de protection de l’enfance sont largement associés ;  

2 - dans le domaine de l’insertion socioprofessionnelle, les différents réseaux professionnels, spécialisés dans l’insertion des jeunes, sont également mobilisés (missions locales, prévention spécialisée, etc.). 

  • Des approches innovantes

À côté des acteurs du droit commun, des structures de nature pluridisciplinaire, parfois créées ad’hoc, ont été mises en place pour assurer la prise en charge à la fois des familles et des jeunes signalés comme radicalisés, parfois à partir d’approches innovantes (intervention de repentis, approche cultuelle, etc.).

  • En Seine-et-Marne : une cellule d’écoute et d’accompagnement des familles animée par une association ;
  • En Gironde, dans les Alpes-Maritimes : des associations spécialisées ;
  • En Seine-Saint-Denis : une association socio-judiciaire et de protection de l’enfance ;
  • Dans les Bouches-du-Rhône : une association de prévention spécialisée.

L’accompagnement des familles

L’intervention des familles s’avère souvent indispensable pour parvenir à un désendoctrinement.

Aussi, la réponse publique comporte un volet important destiné à assurer un accompagnement individuel ou collectif à l’égard des familles confrontées à la radicalisation d’un proche.

En s’appuyant sur les réseaux spécialisés, notamment les associations intervenant dans le soutien à la parentalité, il s’agit de mettre en œuvre :

  • des actions d’écoute et de soutien ;
  • des groupes de paroles ;
  • voire des actions de thérapie familiale.

En outre, là encore des associations créées spécialement dans ce but, rassemblant souvent des parents exposés à ce phénomène, peuvent apporter un soutien utile. 

 

Crédit photo : Crocstock

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