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Les personnes majeures radicalisées ou en voie de l’être ne sont pas forcément incarcérées. 

Les personnes majeures radicalisées ou en voie de l’être ne sont pas forcément incarcérées. Lorsqu’elles sont placées sous-main de justice, elles peuvent évoluer alors « en milieu ouvert » et sont suivies dans ce cadre par les services d’insertion et de probation (SPIP).

Une prise en charge dynamique et personnalisée

Les personnes radicalisées ou en voie de l’être sont prises en charge de façon réactive, soutenue et individualisée par les SPIP. Elles bénéficient d’aide à l’insertion professionnelle et sont accompagnées dans une réflexion sur leurs actes et sur la laïcité. Les effectifs et les moyens des SPIP ont par ailleurs été augmentés afin de renforcer la qualité du suivi existant.

Grâce à des dispositions de la loi du 3 juin 2016, le projet RIVE (recherche intervention contre la violence extrémiste) sera lancé, à titre expérimental, en Île-de-France en décembre 2016.

Le suivi des personnes placées par exemple sous contrôle judiciaire ou sursis mise à l’épreuve sera assuré par des équipes pluridisciplinaires (éducateurs, psychologues, SPIP…) accompagnées d’universitaires. L’objectif est de travailler à la réinsertion de ces personnes et d’engager leur rupture avec la violence.

Ce dispositif expérimental, unique au monde, a vocation à être étendu à l’ensemble du territoire métropolitain si les résultats sont probants. Grâce à lui, l’administration pénitentiaire traitera de l’entier spectre des personnes placées sous-main de justice.

Des effectifs consolidés

La réforme pénale de 2014 a programmé la création de 1 000 emplois dans les SPIP, soit une augmentation de 25 % des effectifs. Fin 2016, 900 agents auront été recrutés et 755 emplois pourvus dans les services. Dans le cadre du plan d’action contre la radicalisation et le terrorisme (PART), 100 postes supplémentaires seront également créés.

Enfin, les efforts financiers engagés pour améliorer l’installation des SPIP dans des locaux adaptés à leur mission sont poursuivis (17 millions d’euros prévus).

Face à l’accroissement constant de personnes placées sous-main de justice signalées radicalisées, il est nécessaire de construire un réseau destiné à assurer un suivi méticuleux de tous les individus concernés. Aussi le garde des Sceaux, ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, a-t-il annoncé le 25 octobre 2016 que, dans chaque service pénitentiaire d’insertion et de probation, au moins un référent « prévention de la radicalisation violente » sera désigné, pour assurer en priorité le suivi des individus correspondant à ce profil. Pour faciliter ce travail, ce référent bénéficiera autant que faire se peut d’une décharge allant jusqu’à 50 % ou se verra épaulé par l’un de ses collègues dans la gestion des dossiers. En conséquence, pour ne pas pénaliser l’activité des services, 90 conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation contractuels seront recrutés pour compenser ces décharges et faire face à l’accroissement continu de la charge de travail. Ces recrutements s’ajoutent aux 1 100 déjà actés.

La mise en place de binômes de soutien

L’Administration pénitentiaire intègre désormais dans les SPIP des binômes dits « de soutien ». Ils associent des psychologues et des éducateurs aux agents du SPIP. Ces 50 binômes ont pour mission d’accompagner les professionnels, en les aidant à analyser leurs pratiques et en les formant. Le binôme de soutien est également mobilisé pour contribuer à la conception de programmes de prise en charge individuelle et collective, en coopération avec le secteur associatif.

Le plan de lutte contre la radicalisation annoncé par le garde des Sceaux, ministre de la Justice, le 25 octobre 2016, renforce cette approche pluridisciplinaire, avec le recrutement de 40 nouveaux binômes.

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